Correspondances

 
 
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ALBERT CAMUS MARIA CASARÈS
Correspondances
Gallimard, 2017

 Le 19 mars 1944, Albert Camus et Maria Casarès se rencontrent. L'ancienne élève du Conservatoire national d'art dramatique, originaire de La Corogne n'a alors que vingt-deux ans. Parlant parfaitement français, elle a débuté sa carrière d'actrice en 1942, au moment où Albert Camus publiait L'Etranger et Le Mythe de Sisyphe chez Gallimard. Albert Camus vit alors seul à Paris, la guerre l'ayant éloigné depuis deux ans de son épouse Francine, enseignante à Oran. Sensible au jeu, au tempérament et à la beauté de l'actrice, Albert Camus lui confie le rôle de Martha pour la création de sa pièce Le Malentendu en juin 1944.

C’est l’histoire d’une passion qui durera jusqu’à la mort accidentelle de Camus en 1960. Durant toutes ces années, Albert et Maria n'ont jamais cessé de s'écrire, notamment lors des longues semaines de séparation dues à leur engagement artistique et intellectuel. Sur fond de vie publique et d'activité créatrice, leur correspondance croisée, demeurée inédite jusqu'à ce jour, révèle quelle fut l'intensité de leur relation intime. Nous savions que l'œuvre d'Albert Camus était traversée par la pensée et l'expérience de l'amour. La publication de cette immense correspondance révèle la pierre angulaire de cette constante préoccupation : l'amour, l'inévitable amour. "Quand on a aimé quelqu'un, on l'aime toujours", confiait Maria Casarès bien après la mort d'Albert Camus ; "lorsqu'une fois, on n'a plus été seule, on ne l'est plus jamais".


Je vous invite par ailleurs à découvrir un très joli livre relatif à leur très belle histoire dont le titre me bouleverse "Tu me vertiges" de Florence M. FORSYTHE (éditions le Passeur).

 
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PAUL CLAUDEL
Lettres à Ysé

Gallimard, 2017
 

Voici la correspondance tant attendue entre Paul Claudel et Rosalie Vetch, qui fut le modèle d'Ysé, l'un des personnages de sa piéce Partage de midi et de Doña Prouhèze dans Le Soulier de satin.

Chaque lettre nous apporte des détails ignorés sur une aventure encore largement incomprise. Mais les révélations de loin les plus précieuses touchent à la destinée exceptionnelle des deux partenaires principaux, observés à travers un demi-siècle : 1900-1951. LUI entend n'avoir pour ELLE aucun secret. Il se montre dès lors sous toutes ses faces : l'homme si sauvagement solitaire, mais également aux prises avec autrui ; le diplomate en action ; le créateur au sommet de son art ; l'amant enflammé, mais aussi le mari mortifié ; sa foi en insupportable conflit avec sa passion - car tous ces versants se rencontrent : "Pour être un artiste, il ne sert à rien d'avoir Dieu au cœur si l'on n'a le diable au corps !". Quant au couple qu'ils s'épuisèrent à former, ELLE et LUI, l'apport du courrier claudélien se révèle incontournable.

 
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FRANÇOIS MITTERRAND
Lettres à Anne
Gallimard, 2016
 
En 1962, un homme politique français de 46 ans rencontre, chez ses parents, une jeune fille
de 19 ans. La première lettre qu'il lui adresse le 19 octobre 1962 sera suivie de mille deux cent dix-sept autres qui se déploieront, sans jamais perdre de leur intensité, jusqu'en 1995, à la veille de sa mort. 

Les lettres nous dévoilent des aspects totalement inconnus d'un homme profondément secret que chacun croyait connaître, et surtout, on oublie totalement l’homme politique qu’il fût grâce à la beauté de ses lettres, à l’écriture sublime de celles-ci, à leur érudition incroyable ; c’est de toute beauté, à lire absolument.

 

 

Enfin je vous signale trois échanges épistolaires bouleversants et indispensables à la Vie :
- Vladimir Nabokov : Lettres à Vera (Fayard 2017)
- Paul Éluard : Lettres à Gala (Gallimard 1984)
- Kafka : Lettres à Milena (Gallimard 1988)