LITTÉRATURE IRLANDAISE

 
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MAGGIE O’FARRELL
I am, I am, I am

Éditions Belfond (mars 2019)

"Ce ne sont pas mes actes que je décris, c’est moi, c’est mon essence"
"Je suis moi-même la matière de mon livre" Montaigne


Après le succès d’"Assez de bleu dans le ciel", Maggie O’Farrell revient avec un tour de force littéraire et nous livre une œuvre à part, poétique, subtile, intense, qui nous parle tout à la fois de féminisme, de maternité, de violence, de peur et d’amour, tout cela porté par une construction vertigineuse. 

Dix-sept instants.
Dix-sept petites morts.
Dix-sept résurrections.

Je suis, je suis, je suis / I am, I am, I am.
 
Le titre est inspiré d'un texte de Sylvia Plath : "La cloche de détresse" : "I took a deep breath and listened to the old brag of my heart. I am, I am, I am." "J'ai respiré profondément et j'ai écouté le vieux battement de mon cœur. Je suis, Je suis, Je suis."
"La mort m'a frôlée sur ce sentier, de si près que je l'ai sentie, mais c'est une autre fille qu'elle a attrapée et emportée avec elle."
 
 "I am, I am, I am" décrit 17 instants inscrits sur 17 endroits du corps de l'auteur, où elle a frôlé la mort, où elle a senti se rapprocher d’elle la grande faucheuse.

Ces 17 scénettes, sans chronologie aucune, ces 17 rendez-vous avec la mort, permettent ainsi de reconstituer la vie de l’auteur, et forment, in fine, un livre émaillé d’expériences peu communes, où l’on voit une femme chercher sa voix, tomber amoureuse, écrire, voyager, enfanter...

En parlant ainsi de sa vie elle nous parle de la nôtre, de nos errances et du miracle incroyable que la vie est à chaque instant. Réjouissons-nous : ces livres-là sont rares ! C'est un hymne à la vie que nous avons entre les mains. 
Maggie O'Farrell, au travers de ses 17 "petites morts" nous apprend combien nos vies sont précieuses tout cela avec une poésie et une puissance narrative inégalées. 
Avec une grande pudeur, elle vide ses entrailles pour explorer la condition féminine. Vous ne sortirez pas indemnes de cette lecture forte, intense et inoubliable.


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JOHN BOYNE
Les fureurs invisibles du cœur

Éditions JC Lattès (août 2018)

John Boyne est né en Irlande à Dublin. Il a commencé à écrire à l'âge de 20 ans et est l’auteur de 7 romans dont le remarquable et très remarqué : "Le garçon au pyjama rayé" véritable best-seller, traduit dans 35 langues que je vous recommande très chaleureusement. Dans ce livre, un petit garçon de neuf ans raconte le bouleversement de sa vie pendant la Shoah. 
 
Dans son dernier opus, il nous conte l’histoire de Cyril Avery, né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif d’un couple dublinois aisé et excentrique qui le traitera tel un "res nullius", un joli meuble qui fait partie du décors ; abandonné et élevé sans amour, Cyril dérivera dans la vie, avec pour seul et premier ancrage son amitié pour le jeune Julian Woodbead, un garçon fascinant et troublant. Il grandira dans une Irlande puritaine et rigide ; de son homosexualité, il ne pourra jamais parler et encore moins la vivre au grand jour. C'est en quittant son pays, en voyageant, qu'il pourra se construire et se débattra dans la quête de son identité, de sa famille, de son pays…

Dans cette œuvre magnifique, John Boyne fait revivre l’histoire de l’Irlande des années 1940 à nos jours à travers les yeux de son héros. "Les fureurs invisibles du cœur"est un roman qui nous fait rire et pleurer, et nous rappelle le pouvoir de rédemption de l’âme humaine.
 
Sept décennies de parcours personnel, faites de drames mais aussi de bonheurs, accompagnant l'évolution de la cause homosexuelle, la fracture terrible du Sida et le changement des mentalités en Irlande.
 
La lecture est tantôt rude et âpre, puis drôle et tendre puis bouleversante et profondément empreinte d'humanité et d'émotion ; mais par la grâce de sa magnifique écriture, fluide et limpide, John Boyne nous livre ici un roman épique, une saga intimiste et monumentale à la fois. 


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EDNA O'BRIEN
Tu ne tueras point

Sabine Wespieser Éditeur (mars 2018)

Edna O’Brien écrit ici le roman tumultueux et enfiévré de l’amour maternel. Il faudra un long chemin à Eleanora pour comprendre la vraie nature de sa mère, Dilly, qui pour elle avait toujours représenté le poids de la morale et de la tradition.Dilly avait eu beau vouloir dans sa jeunesse échapper à son destin de fille d’Irlande, elle était revenue au pays, résignée, et s’était mariée, après sa tentative avortée de fuite aux États-Unis. Sa fascination pour New York, son premier travail comme bonne à tout faire, et puis le rêve qui tourne court et, dès son retour, l’installation à Rusheen, cette campagne perdue où elle a vécu la majeure partie de sa vie : elle a tout le temps de se les remémorer dans l’hôpital de Dublin où elle attend un diagnostic. Âgée et malade, elle ne désire plus qu’une visite de sa fille, à qui elle n’a jamais cessé d’envoyer des lettres aimantes et fascinées.Eleanora, elle, a fui très jeune pour Londres l’étouffante campagne irlandaise. Elle y est désormais célèbre et détestée pour ses romans sulfureux. Quand enfin elle se rend au chevet de sa mère, c’est en coup de vent : elle prétexte un rendez-vous, et part retrouver un amant. Dans sa précipitation, elle oublie son journal intime… Quand elle s’en aperçoit, sa panique est vaine : la vie affranchie et passionnée qu’elle y consigne a sans doute tendu à sa mère un troublant miroir où celle-ci a pu reconnaître l’ombre de ses désirs passés. Eleanora découvrira, trop tard, la dimension de l’amour que lui vouait Dilly.