Littérature française

 
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JEANNE LABRUNE
Depuis la terre, regarder les naufrages

Éditions Grasset (août 2018)

Ce livre est une histoire de rencontres, rencontre avec une éditrice qui m’a délicatement conduite vers ce texte, rencontre avec une auteure magnifique, et rencontre avec un texte et une écriture de toute beauté.
Ce roman est en tous points remarquable, il a su m’émouvoir au plus haut point.

Jeanne Labrune (la mal nommée, regardez cette crinière blonde et ce sourire) a déjà écrit deux autres opus et a, par ailleurs, écrit et réalisé 12 long-métrages pour le cinéma dont le très beau "Le Chemin".
 
Résumé :
Trois personnages en colère : Elias, un pianiste de renom vit à Paris après avoir vécu un drame dix ans auparavant en voyant son fils se noyer sous ses yeux ; Léa ivre de littérature est libraire dans une petite ville de Bretagne et tente d’oublier entre les bras de nombreux hommes, un amant qu’elle a aimé follement et qui l’a quittée en lui laissant pour seul tribut un guépard ; Matthieu, un être de pure intuition qui essaye de comprendre la réalité profonde des êtres humains qui surgira dans leur vie et la bouleversera. Impossible et inutile de vous délivrer in extenso le résumé de ce livre : laissez vous embarquer par une vague d’émotion inextinguible ; ce livre vous emportera loin, très loin et très longtemps.

C’est un livre de colère : colère contre la mer, le monde, contre l’imbécillité des hommes, contre la société ;
C’est un roman sur les coïncidences, sur le mystère des coïncidences, sur la synchronicité, sur le sens que nous devons donner ou pas au destin ; mais c’est également un roman d’aventure humaine, dans l’espace et dans le temps.

Quelle est notre part de responsabilité dans le hasard ? Que faisons-nous du hasard pour en faire notre destin ? Comment accepter qu’une coïncidence devienne prégnante dans notre vie et comment lui donner du sens ?

Je vous souhaite un joli voyage avec ce très beau livre qui m’a fait chavirer !


MARCELINE LORIDAN-IVENS
L’amour après

Éditions Grasset (janvier 2018)

Comment aimer, s’abandonner, désirer, jouir, quand on a été déportée à quinze ans ?
Retrouvant à quatre-vingt-neuf ans sa "valise d’amour", trésor vivant des lettres échangées avec les hommes de sa vie, Marceline Loridan-Ivens se souvient…

Un récit merveilleusement libre sur l’amour et la sensualité.
 
Peut-on résumer ce livre, peut-on même en faire une critique, je ne le pense pas; nous pouvons juste nous incliner devant le témoignage bouleversant de cette femme hors du commun née en 1928, déportée à Auschwitz-Birkenau avec son père, actrice, scénariste, réalisatrice. Après le si touchant "Et tu n'es pas revenu", dans lequel elle racontait la déportation et la mort de son père, la magnifique petite femme aux cheveux de feu nous conte avec tendresse et crudité la terreur de jouir, après l’expérience des camps, de son corps torturé et avili par les SS. Avec ce témoignage rare, tantôt pudique, souvent provocateur, Marceline nous livre un ouvrage essentiel et bouleversant.