Nos recommandations
 

Si vous ne deviez lire qu'un livre cette année : 

 
 

Quel cruel dilemme, mais QUELLE CHANCE DE POUVOIR COMMENCER CETTE RUBRIQUE JUSTE avant l'été, cette période ou vous avez plus de temps que le reste de l'année car en effet il m'est impossible de me départeager entre deux livres remaquables et exceptionnels : Le lambeau et Absolute Darling. 


9782072689086.jpg
 
my-absolute-darling-gabriel-tallent.jpg

PHILIPPE LANÇON
Le Lambeau

Gallimard (avril 2018)

Aujourd’hui, exceptionnellement, je vais jouer humblement le rôle de passeur ; plus rien ne compte ni la musique, ni la littérature ni l’art quels qu’en soient les supports;

Je m’incline avec un grand respect et une émotion sans fin devant un roman bouleversant et immense, un véritable hommage à la vie, la survie face à l’horreur du terrorisme;
 
Cet homme s’appelle Philippe Lançon ;
Philippe Lançon est journaliste littéraire au quotidien Libération et chroniqueur à Charlie Hebdo ; le 7 janvier 2015 il se rend comme chaque mercredi à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo ; il sera fauché par les balles et une partie de sa mâchoire sera arrachée ; sa vie d’avant disparaîtra avec elle ; Il sera littéralement relevé d’entre les morts.
 
Témoin de cet attentat atroce et de la mort de ses compagnons de Charlie Hebdo, il brosse dans ce roman un témoignage poignant de sa vie d’après ….
"Désormais celui qui n’était pas tout fait mort devra cohabiter avec celui qui allait devoir survivre".
 
Ce récit mêle l’intime et le tragique avec maestria, l’écriture et le récit ne nous épargneront pas mais c’est un texte d’une grande beauté ; récit d’une lente reconstruction physique et mentale (deux années d’Hôpital, 17 opérations) nous en ressortons groggys, éblouis, et émerveillés ; oui émerveillés devant la beauté du texte et des émotions incroyables qu’il suscite sans colère aucune et sans que jamais le texte ne soit le prétexte à une tribune politique ;
 
Il sera porté lors de sa "reconstruction" en partie grâce à la musique et Bach en particulier qui irrigue littéralement le livre à maintes reprises telle une source vive;

Pourquoi ce choix ?

Parce qu'une fois ce livre refermé vous ne pourrez plus jamais l’oublier ; c’est dur, âpre, douloureux mais c’est aussi ça la littérature ; et puis au bout du compte la littérature et la musique n’ont-elles pas pour vertu aussi de "réparer les vivants";

Parce que c'est un témoignage de vie incroyable sur la mort, un hommage à la vie au-delà de la mort que vous devez absolument avoir dans votre bibliothèque;  

Parce qu'il est tout d'impudeur et de pudeur à la fois devant l'horreur absolue qu'est le terrorisme avec une écriture remarquable et un témoignage bouleversant sans jugement aucun et une rédemption somptueuse;

Parce que ce livre vous ouvre les bras pour ne plus jamais vous abandonner, pour vous guérir de presque tout, et qu'il vous apprend l'humilité devant la vie.
 

GABRIEL TALLENT
My absolute darling
Éditions Gallmeister (mars 2018)

Premier roman écrit en 3 ans par un très jeune auteur d’une maîtrise époustouflante ! 
Ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux.

À quatorze ans, Turtle dite Croquette arpente les bois de la côte nord de la Californie, ses forêts denses, ses bêtes sauvages, avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père monstre, dominateur, violent et incestueux et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.
 
Entre revolvers et couteaux, terreurs et inceste, menaces de la nature et châtiments paternels, Croquette tente de grandir. Elle voue à cet ogre sociopathe dont elle est le seul désir, un amour passionnel doublé d’une haine effroyable. C’est un huis clos terrifiant; la fascination pour le Mal, le glauque, le sordide, le violent nous saisit et ne nous lâche à aucun moment.


Pourquoi ce choix ?

Parce que c'est un coup de poing comme il en est peu !
Un premier roman d'un jeune homme de 30 ans incroyable et impitoyable ;
Une écriture au scalpel dans un univers d'une remarquable densité que vous ne pourrez lâcher ; 

C'est âpre, rude, parfois insupportable mais c'est une sacrée leçon de vie, de survie et une rédemption magnifique

Parce que ce roman de formation d’une rare tonalité  est incontournable et est un des très grands livres de cette année. 


SI VOUS AVIEZ ENVIE D'EN LIRE TROIS DE PLUS :

ooo.jpg

ALBERT CAMUS MARIA CASARÈS
Correspondances
Gallimard, 2017

 Le 19 mars 1944, Albert Camus et Maria Casarès se rencontrent. L'ancienne élève du Conservatoire national d'art dramatique, originaire de La Corogne n'a alors que vingt-deux ans. Parlant parfaitement français, elle a débuté sa carrière d'actrice en 1942, au moment où Albert Camus publiait L'Etranger et Le Mythe de Sisyphe chez Gallimard. Albert Camus vit alors seul à Paris, la guerre l'ayant éloigné depuis deux ans de son épouse Francine, enseignante à Oran. Sensible au jeu, au tempérament et à la beauté de l'actrice, Albert Camus lui confie le rôle de Martha pour la création de sa pièce Le Malentendu en juin 1944.

C’est l’histoire d’une passion qui durera jusqu’à la mort accidentelle de Camus en 1960. Durant toutes ces années, Albert et Maria n'ont jamais cessé de s'écrire, notamment lors des longues semaines de séparation dues à leur engagement artistique et intellectuel. Sur fond de vie publique et d'activité créatrice, leur correspondance croisée, demeurée inédite jusqu'à ce jour, révèle quelle fut l'intensité de leur relation intime. Nous savions que l'œuvre d'Albert Camus était traversée par la pensée et l'expérience de l'amour. La publication de cette immense correspondance révèle la pierre angulaire de cette constante préoccupation : l'amour, l'inévitable amour. "Quand on a aimé quelqu'un, on l'aime toujours", confiait Maria Casarès bien après la mort d'Albert Camus; "lorsqu'une fois, on n'a plus été seule, on ne l'est plus jamais".

Je vous invite par ailleurs à découvrir un très joli livre relatif à leur très belle histoire dont le titre me bouleverse "Tu me vertiges" de Florence M. FORSYTHE (éditions le Passeur).

Pourquoi ce choix ?

Parce que c'est une histoire d'amour exceptionnelle;
Parce que ces deux-là sont magnifiques et bouleversants;
Parce que c'est incandescent et flamboyant, et une célébration de l'amour sans fin; que certaines pages vous brûlent les doigts et le Cœur;
Parce que c'est une écriture superbe; 
Parce que  vous avez envie d'aimer et d'être aimé comme cela toutes affaires cessantes.


amours-mortelles-format-beau-livre-1170003769_L.jpg

JOYCE CAROL OATES
Amours mortelles

Philippe Rey (mars 2018)
 

Dans ces quatre textes troublants, l’amour est dévastateur, si puissant qu’il entraîne chacun vers l’effroi.

Mauvais œil raconte ainsi comment la jeune épouse d’un célèbre intellectuel, quatre fois remarié, apprend de la première femme de celui-ci un terrible secret, qui met en péril son mariage et sa santé mentale. 
Dans Si près n’importe quand toujours, Lizbeth, une adolescente timide et complexée, commence une idylle avec un garçon charmant un peu plus âgé. Mais, à mesure que leur relation s’épanouit, elle se rend compte que quelque chose guette sous la façade parfaite de Desmond, quelque chose de menaçant. 
Dans L’Exécution, c’est des relations parents-enfant qu’il s’agit : un étudiant gâté planifie un crime parfait pour se venger des siens. 
Enfin, La semi-remorque aborde les abus faits aux enfants : lorsque Cecilia rencontre l’amour de sa vie, elle doit affronter son traumatisme et le démon qui lui a volé son innocence, des années auparavant.

Dans sa prose aiguisée, Joyce Carol Oates fait le récit de vies qui partent à vau-l’eau et nous révèle l’amour sous un jour tour à tour magique, mystérieux et meurtrier. Une lecture au plaisir terrifiant de la première à la dernière page.

Pourquoi ce choix ?

Parce que c'est une façon simple ("nouvelles ") de rentrer dans l'univers de cet écrivain exceptionnel qu'est Joyce Carol Oates, auteur incontournabl et immense;
Parce que vous devez au moins lire un de ses livres une fois dans votre vie !
Parce que c'est une écriture remarquable et unique, doublée d'un spectre romanesque exceptionnel; 
Parce qu'elle a une intelligence de la vie, de tous ses tours et détours, de ses vices et vertus insensée;
Parce qu'elle arrivera à vous surprendre à chaque fois, qu'elle saura vous attraper ou vous rattraper si vous vous égarez par mégarde;
Parce que vous pouvez TOUT lire de cette grande dame de la littérature américaine qui aurait dû avoir le Nobel de littérature depuis bien longtemps et qu'elle ne vous décevra jamais et ne vous laissera jamais indifférent.


51xujqdb0CL._SX339_BO1,204,203,200_.jpg

AHARON APPELFELD
Des jours d’une stupéfiante clarté

Éditions de L’olivier (janvier 2018)

Theo a 20 ans lorsqu'il quitte le camp de concentration que ses gardiens viennent d'abandonner à l'approche des Russes. Il n'a qu'un seul but : retrouver la maison familiale. Errant sur les chemins, blessés au plus profond d'eux-mêmes, les déportés qu'il croise lui rappellent l'horreur à laquelle il a survécu, tandis que d'autres figures émergent de son passé. Celle de sa mère, Yetti, une femme à la beauté exceptionnelle, au caractère fantasque, qui aimait les églises, les monastères et l'œuvre de Bach. Celle de Martin, un père trop discret que Theo va apprendre à mieux connaître.
Par-delà le fracas de l'Histoire, ce livre admirable est le récit d'une résurrection.
 
Paru après la mort du grand écrivain israélien, ce texte nous semble être son testament. Comme la plupart de ses livres, cette histoire se déroule dans les plaines d’Europe centrale après la Libération. C'est un texte sur l’errance, la volonté, la possibilité ou non de se rapprocher de Dieu. Réflexion sur la possibilité de la foi après les camps et les horreurs de la guerre. C’est un homme et un écrivain exceptionnel qui nous a quitté et je me sens orpheline. 

Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz. Quand la guerre éclate, sa famille est envoyée dans un ghetto. En 1940 sa mère est tuée, son père et lui sont séparés et déportés. À l'automne 1942, il s'évade du camp de Transnistrie. Après une errance de plusieurs années il s'embarque clandestinement pour la Palestine en 1946. À la fin des années 1950, il décide de se tourner vers la littérature et se met à écrire, en hébreu, sa "langue maternelle adoptive".

Je vous recommande tout, de cet auteur, qui pourra vous émouvoir aux larmes et au plus profond et en particulier deux ouvrages magnifiques et majeurs "Histoire d’une vie", ouvrage retraçant son parcours et "Le Garçon qui voulait dormir".

Pourquoi ce choix ?

Parce qu'il nous a quitté il y a peu et qu'il faut parler de lui et ne jamais l'oublier;
Parce que c’est un homme et un écrivain exceptionnel;
Parce que vous serez incomplet si vous ne lisez pas au moins un de ses ouvrages;
Parce qu'il fera chavirer votre cœur et qu'il saura vous émouvoir aux larmes;
Parce qu'il évoque des sujets graves et sensibles avec délicatesse, pudeur et sensibilité;
Parce que ses mots vous caressent en appuyant là où cela doit vibrer;
Parce que l'émotion est toujours au rendez -vous et qu'elle est nécessaire pour ne jamais oublier l'innommable. 
Parce que c'est une leçon de vie exceptionnelle. 
 

 

Si vous aviez envie d'en lire SIX de plus :

31jBJ135qUL._SX195_.jpg

EDNA O'BRIEN
Tu ne tueras point

Sabine Wespieser Éditeur (mars 2018)

Il faudra un long chemin à Eleanora pour comprendre la vraie nature de sa mère, Dilly, qui pour elle avait toujours représenté le poids de la morale et de la tradition.Dilly avait eu beau vouloir dans sa jeunesse échapper à son destin de fille d’Irlande, elle était revenue au pays, résignée, et s’était mariée, après sa tentative avortée de fuite aux États-Unis. Sa fascination pour New York, son premier travail comme bonne à tout faire, et puis le rêve qui tourne court et, dès son retour, l’installation à Rusheen, cette campagne perdue où elle a vécu la majeure partie de sa vie : elle a tout le temps de se les remémorer dans l’hôpital de Dublin où elle attend un diagnostic. Âgée et malade, elle ne désire plus qu’une visite de sa fille, à qui elle n’a jamais cessé d’envoyer des lettres aimantes et fascinées.Eleanora, elle, a fui très jeune pour Londres l’étouffante campagne irlandaise. Elle y est désormais célèbre et détestée pour ses romans sulfureux. Quand enfin elle se rend au chevet de sa mère, c’est en coup de vent : elle prétexte un rendez-vous, et part retrouver un amant. Dans sa précipitation, elle oublie son journal intime… Quand elle s’en aperçoit, sa panique est vaine : la vie affranchie et passionnée qu’elle y consigne a sans doute tendu à sa mère un troublant miroir où celle-ci a pu reconnaître l’ombre de ses désirs passés. Eleanora découvrira, trop tard, la dimension de l’amour que lui vouait Dilly.


Pourquoi ce choix ?

Parce que la remarquable maison d'édition "Sabine Wespieser" a eu la très bonne idée de rééditer ce livre paru en France il y a une vingtaine d'années;
Parce qu'Edna O'Brien est une des très grandes dames de la littérature irlandaise, que son écriture au scalpel est remarquable;
Parce que son œuvre nous parle des émotions intimes féminines et de leurs rapports aux hommes Parce qu'Edna O’Brien écrit ici le roman tumultueux et enfiévré de l’amour maternel.


JAMES SALTER
Last Night

Éditions de L’Olivier (juin 2018)

Sont enfin publiées quelques années après sa disparition, l’intégrale des nouvelles de Salter dont quatre inédites. James Salter n'était pas seulement un des grands écrivains américains du vingtième siècle.
 
On retrouve dans ces formes courtes tout ce qui fait l’univers et le style de Salter : son obsession pour l’amour, l’amitié et l’honneur, le passage du jour à la nuit, de la jeunesse à l’âge adulte, de la vie à la mort, l’appel de la mélancolie et celui du corps des femmes, dans des pages à la sensualité troublante et raffinée. En une phrase, James Salter parvient à suggérer une existence entière, fracassée, frustrée, mais avec une once de bonheur. Il a le sens de l’esquisse et sait allier le lyrisme et le romantisme à la vie blasée New Yorkaise où se déroulent presque toutes ses nouvelles. 

Pour mémoire vous pouvez également lire du même auteur "Un bonheur parfait" et "Et rien d’autre".

Pourquoi ce choix ?

Parce que le remarquable éditeur qu'est "l'Olivier" a eu la très bonne idée de rassembler l'intégralité des nouvelles de cet écrivain majeur en ce compris quatre nouvelles inédites;
Parce que c'est l'un des derniers auteur Fitzgéraldien;  
Parce que c'est l’écrivain de la psychologie du désir et de l’érotisme des corps, que l'on entend le froissement des étoffes, que l'on voit la courbe de ses personnages, que l'on entend leur mélancolie profonde qui transpire à chaque page;
Parce que Salter vous bouleversera, que vous vous laisserez emporter par lui; qu'il saura vous caresser avec ses mots; 
Parce que c’est un voyage sensuel, charnel, brillant et inoubliable.


418mxroUPhL._SX195_.jpg

SARAH SCHMIDT
Les soeurs de Fall River

Éditeur Payot et Rivages (mars 2018)

Un crime réel très célèbre en Amérique, Sarah Schmidt a fait un roman passionnant, best-seller en Australie et en Angleterre. A la fin du XIXe siècle, à Fall River (Massachussets), un couple sans histoires est retrouvé massacré à la hache dans sa propre maison. Rapidement, les soupçons se portent sur l'une des filles des Borden, Lizzie. Tour à tour, chaque protagoniste du drame prend la parole : la bonne, un témoin inconnu, Lizzie, sa sœur...

Pourquoi ce choix ? 

Parce que ce livre mêle tout à la fois le fait divers, la grande et la petite histoire, et le suspens avec une maestria absolument remarquable. 
Quand vous commencez à le lire, vous ne pourrez plus le lâcher car c'est une fascinante plongée dans les profondeurs de l'âme humaine et dans les secrets d'une famille. 

 

ob_eeec29_dans-les-angles-morts.jpg

ELIZABETH BRUNDAGE
Dans les angles morts
Quai voltaire (janvier 2018)

En rentrant chez lui un vendredi après-midi de tempête de neige, après une journée à l'université privée de Chosen où il enseigne l'histoire de l'art, George Clare trouve sa femme assassinée, et leur fille de trois ans seule dans sa chambre - depuis combien de temps ? Huit mois plus tôt, il avait fait emménager sa famille dans cette petite ville étriquée et appauvrie où ils avaient pu acheter pour une bouchée de pain la ferme des Hale, une ancienne exploitation laitière. George est le premier suspect, la question de sa culpabilité résonne dans une histoire pleine de secrets personnels et professionnels. Mais "Dans les angles morts" est aussi l'histoire des trois frères Hale, qui se retrouvent mêlés à ce mystère, car les Clare occupent la maison de leur enfance, celle qu'ils ont dû quitter après le suicide de leurs parents. Le voile impitoyable de la mort est omniprésent; un crime en cache d'autres, et vingt années s'écoulent avant qu'une justice implacable soit rendue. Portrait riche et complexe d'un psychopathe, d'un mariage aussi, ce roman étudie dans le détail les diverses cicatrices qui entachent des familles très différentes, et jusqu'à une communauté tout entière.
 
C’est au lecteur de mener l’enquête ! De zones d’ombre en plages d’obscurité, nous nous heurtons, avec une intense et troublante curiosité à un mystère irréfragable. 

Un meurtre, deux histoires de familles parallèles qui se rejoignent et se contaminent de malheur : attention, chef-d’oeuvre !

Pourquoi ce choix ?

Parce que c'est un grand livre noir très noir, remarquablement écrit;

Parce que sa puissance narrative est impressionnante tant dans sa construction lente et minutieuse que dans l’orchestration des multiples secrets;

Parce que son écriture ciselée vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page.


CVT_Toutes-blessent-la-derniere-tue_1231.jpg

KARINE GIEBEL
Toutes blessent la dernière tue

Belfond Éditions (mars 2018)
 
Tama est une esclave. Elle n'a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin...
 
Gabriel est un homme qui vit à l'écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. Un homme dangereux. Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. Qui est-elle ? D'où vient-elle ?
 
Thriller glaçant qui vous plongera dans l’univers de l’esclavage moderne et dont vous ne pourrez quitter ni la lecture ni l’obsédant souvenir ! Frissons garantis dès la première rencontre avec la petite Tama, l’enfant esclave et avec celle de Gabriel, cet homme si bizarre, torturé et solitaire qui enchaîne les meurtres les uns après les autres... Pourquoi ?

Pourquoi ce choix ? 

Parce que cette lecture n’est pas une promenade de santé;
Parce que vous cheminerez sur un sentier pavé de sang, vous côtoierez l’enfer, vous flirterez avec l’innommable... et que vous en serez enchantés;
Parce que la tension psychologique est portée à l’incandescence et vous serez happés, dévorés par le suspense, la brutalité des situations, la crasse, la douleur...L’horreur...;
Parce qu'il faut le dévorer de toute urgence !


CVT_Les-immortalistes_9912.jpg

CHLOE BENJAMIN
Les Immortalistes

Stéphane Marsan Éditeur (avril 2018)

New York, été 1969. Pour tromper l'ennui, les enfants Gold vont consulter une voyante capable de prédire avec exactitude la date de leur mort. Si Varya, Daniel, Klara et Simon veulent tous savoir de quoi demain sera fait, ils sont loin de se douter de ce qui les attend. Des années plus tard, hantés par la prophétie, ils vont faire des choix de vie radicalement opposés. Simon, le petit dernier censé reprendre l'entreprise de confection familiale, s'enfuit sur la côte ouest, en quête d'amour à San Francisco. Klara, la rêveuse, devient magicienne à Las Vegas, obsédée par l'idée de brouiller les pistes entre la réalité et l'imagination. Épris de justice, Daniel s'engage comme médecin dans l'armée après les attentats du 11 septembre. Quant à la studieuse Varya, elle se jette dans des travaux de recherche liés à la longévité, tentant désespérément de percer le secret de l'immortalité. Lorsque le premier d'entre eux trouve la mort à la date annoncée par la voyante, les trois autres craignent le pire. Doivent-ils prendre au sérieux cette prémonition ? N'est-ce la puissance de l'autosuggestion qui pousse les Gold à faire des choix qui les conduisent irrémédiablement vers leur mort ?
 
"Fresque de grande envergure, à l'ambition et à la profondeur remarquables, "Les Immortalistes" se situe entre le destin et le libre arbitre, le réel et l'illusion, l'ici-bas et l'au-delà. Une ode magnifique à ce qui nous échappe et à la force implacable des liens familiaux". 
 
Je souhaite tout d’abord saluer la naissance d’un nouvel éditeur et le travail remarquable qu’il fait dans ses choix éditoriaux; de tous les ouvrages que j’ai lus depuis la naissance de cette nouvelle maison d’édition, tous sont de grande qualité tant sur l’écriture, que sur les traductions que sur l’univers et le très large spectre romanesque qu'elle embrasse. 

Pourquoi ce choix ?

Parce que vous ne pourrez lâcher ce livre qui interroge sur le déterminisme et la liberté de nos choix;
Parce que c’est un bouquin qui vous embarque pour ne plus vous laisser; 
Parce que l'univers romanesque de l'auteur est d'une richesse époustoufflante et que sa façon de conter cette histoire aux moyens des voix alternées des protagonistes est totalement allaitante. 

À lire absolument.